"Peu m'importe le mec du bus. La fille y joue un rôle bien plus important.
Le sourire aux lèvres, elle prononce silencieusement des paroles que seule elle peut comprendre. Ses cheuveux sont longs, châtains. Son jean, son pull, ses chaussures, ses bagues...Tout concorde dans le désordre. Elle prit, elle rit, elle salue les passants et nous, on se moque gentillement, d'un rire incontrôlable, mi gêné, mi apeuré. Pourtant son visage est doux et ses paroles sont simples quand elle nous demande son chemin. En se penchant, elle répand l'odeur d'une nuit trop arrosée. Elle pue la tiz. Elle semble s'inquiéter de rater son arret mais entre deux interpellations, elle continue son incompréhensible rite.
Je l'observe seule, qui tente de traverser le bus. Elle tombe, se relève, parle au chauffeur et s'assoie enfin.
Elle a des difficultés à descendre. Et moi, je l'observe à travers la vitre asceptisée. J'hésite à descendre, mais ça redémarre doucement. Elle est à terre, ramasse sur le goudron quelques pétales roses et les porte à son nez. Elle s'éloigne enfin, emportant le secret et l'aura qui l'entourent."