Il est 10h tu émerge, doucement. Tu ouvre les yeux sur ta chambre baignée de soleil alors que toi, tu nage au milieu des fringues. Putain. Tu t'es encore bien marrée hier mais c'est rien comparé à ce qui va se passer ce soir. Et ça, tu le sais déja. T'appelle Maria, votre bonne, enfin celle qui s'occupe de vous quoi. Un jus d'orange pressé et un bol de spécialK nature-lait écrémé. Tu recois un texto de Sacha qui veut te voir avant de partir à Bali. Ok c'est parti! Après ta douche, tu saute dans ton ptit jean Paul&Joe sister taille 36 et t'enfille ton tee-shirt American Aparel bleu electrique. Mais putain elles sont où tes spartiates vintage?! Mais oui!! Celles que t'as eu à New-York. Elle soule Maria, à jamais ranger correctement. Séchage rapide de tes longs cheuveux burns, crème hydratante La Mer, poudre Sisheido et mascara l'Oréal parceque t'as que celui là sous la main. Ton 24h de Gérard Darel est plein de vodka alors tu ôpte pour ta besace en cuir marron. De toute façon tu t'en fous y'a personne à cette heure là dans le XVIème. Taxi/Métro? En marche pour le métro t'allume ta première cigarette de la journée. Direction les jardins du Louvre. La voila. Assise dans l'herbe, son Ipod dans les oreilles elle tape frénétiquement un texto. A son chéri peut être, surement. Tu l'observe un moment avant de la rejoindre. Tu arrive doucement dans son dos et tu lui cache les yeux. Ca date de votre enfance cà. Vous avez grandi ensemble. Avant c''était petits pots et barbies maintenant c'est plutot Sandro et whisky. C'est normal non? Tu lui raconte ta soirée de la veille. Elle, elle était au concert des Kooks avec son frère et elle a fini la nuit avec le chanteur. Ca, faut pas le dire. En explorant vos vies, vous grillez clopes sur clopes. Tiens, y'a Ferdinant là bas. Avant qu'elle n'ai eu le temps de l'appeller de sa jolie voix, tu la retiens. T'as pas envie de le voir. Il te lasse. Il te soule. Et puis t'as envie d'être avec elle, seulement avec elle. Que rien ni personne ne vienne briser ce moment. Cette entente parfaite. En allant chez Colette vous croisez deux mecs qui sont en train de faire un clash de tectonik. Ridicule voir pitoyable. Mais ca vous fait telement rire que tu prie pour qu'ils continuent. Et puis elle doit prendre son avion alors vous repassez chez elle et au moment de la laisser dans le taxi elle te promet de t'appeller quand elle y sera. Ciao Bella. C'est chiant qu'elle parte. Tu te sens un peu seule alors finalement t'appelle Ferdinant. Il accoure ce con. Comme un chien il te mange dans la main. Et ça tu déteste. Et ça tu hais. Rdv chez toi. Tu rentre et t'as juste le temp de déguster ton verre de vin en regardant si t'as quelque chose à te mettre pour ce soir avant qu'il n'arrive. Tu lui ouvre. Il est beau quand même. Vous parlez un peu. Vous vous embrassez beaucoup. Finalement pourquoi pas. C'est toujours ca. Tu compte pas rencontrer le grand amour. En tout cas pas maintenant. Assis à la table du séjour vous mangez des pâtes carbonara. Enfin lui mange. Toi, tu picore. Picorer. Son père lui a toujours dit qu'elle ressemblait à un petit oiseau, frêle. Enfin d'après ce qu'elle t'as dit. C'est vrai qu'elle ressemble à un petit oiseau. Son visage est fin et ses traits réguliers. La minceur de sa bouche s'accorde à merveille avec son petit nez pointu. Pointu mais hamornieux. Ses yeux bruns brillent d'une douce tristesse. Elle est charmante, irresistible et l'avoir là, en face de toi te permet juste de t'imaginer avec elle. Chez toi. Non plutôt chez elle. Dans son lit double. Elle, dénudée, assoupie sur le ventre. Son buste pâle découvert par les draps blancs. Sa peau laiteuse à porté de ta main. Sa tête est auniveau de ton torse. La douceur de ses cheveux te laisse supposer celle de sa peau, mais comme un oisillon tu as peur de la casser. Ses minces bras repliés et délicatement posés de chaques côtés de sa petite tête laissent saillir ses omoplates. Alors malgré toi, tu suis la courbe de ses épaules et rencontre un grain de beauté. Elle se réveille à cet instant, peut être trop habituée à contrôler le moindre détail, trop effrayée de sa propre sérénité si rarement trouvée. Elle te regarde, l'air mi-effrayé mi-méchant. Mais toi tu devine que tout ça c'est en surface et que, au fond, elle est rassurée. Rassurée que ce soit toi et pas un autre, rassurée d'être chez elle, rassurée que ce se soit bien passé. Mais elle continue de te fixer avec cet air étrange et te demande froidement de sortir parcequ'elle a besoin de se doucher. Non. De se laver. C'est ça dont tu as besoin. De te laver de ce mec qui t'as touché, qui t'as admiré, qui t'as aimé. Tu le sais, tu l'as senti dans son regard. Allez sort! Sort je te dis! T'as envie de lui cracher ta haine à la figure. Ta haine que ça ai été lui, ta haine que ce se soit fait chez toi, ta haine que ce se soit bien passé. Et que tu y ai pris non seulement du plaisir, mais aussi de la tendresse. Tu t'es nourri de sa tendresse cette nuit. De son amour et de son désir. Merde tu veux oublier. Oublier que cette nuit, toi aussi, peut être, tu l'as aimé. Il est sorti. Les genoux rabatus sur la poitrine. Seule. Tu te balance d'avant en arrière, au rythme de tes pensées. C'est quoi cette joie? C'est quoi cette tristesse? C'est quoi ces larmes? C'est quoi ces rires? Lentement tu t'abandonne au souvenir de ce moment. Ce moment qui vous appartient. Toi et Lui. Lui et Toi. C'était tendre, doux, retenu... Mais tu ne veux plus penser, tu veux réfléchir. Une clope. Ca aide toujours à réfléchir. Ta première taff te rappelle à votre rencontre. Il y a deux ans. A la rentrée de seconde. Tu l'avais tout de suite repéré, avec son petit cul, son Diesel et son polo Ralph Lauren. Et ses yeux bleux. Ses putains d'yeux bleux. Il s'en est passé des choses depuis.Et encore une fois tu t'abandonne aux souvenirs de ses deux années entre fêtes et cours, entre déchirures et réconciliations, entre vacances et emmerdes, entre Toi et Lui, entre Lui et Toi, entre Vous. Et pourant tu chope le cendrier en crystale et tu éteins ta Malboro ligth sans savoir si tu iras le rejoindre, les cheveux en bataille ou si tu la prendras enfin cette putain de douche.